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Règles abondantes et douloureuses après 40 ans : et si c’était une adénomyose ?

Par Hanane, fondatrice de la Méthode Lumina · 14 octobre 2026 · Lecture : 9 minutes

Illustration : un utérus stylisé avec de petits foyers dans sa paroi, sous le titre Adénomyose

Des règles qui durent plus longtemps qu’avant, des protections à changer sans cesse, des douleurs qui gâchent plusieurs jours par mois… Passé 40 ans, beaucoup de femmes mettent tout cela sur le compte de la préménopause, et serrent les dents. Parfois, c’est bien la préménopause. Parfois, c’est autre chose, qui porte un nom encore peu connu : l’adénomyose. Cet article n’a pas pour but de poser un diagnostic, seul un médecin peut le faire. Il veut vous aider à comprendre, à ne plus banaliser ce que vous vivez, et à en parler sereinement à votre médecin.

Nous ne sommes pas médecins. Ces conseils relèvent du bien-être et ne remplacent pas un avis médical. Cet article ne recommande ni ne déconseille aucun traitement : cette décision appartient à votre médecin.

L’adénomyose, en mots simples

L’utérus est un muscle, le myomètre, tapissé à l’intérieur d’une muqueuse, l’endomètre. C’est cette muqueuse qui s’épaissit puis s’évacue à chaque cycle, ce sont les règles. Dans l’adénomyose, du tissu de l’endomètre se retrouve à l’intérieur même du muscle. On la décrit souvent comme une « endométriose interne à l’utérus » (Santé.fr, avec EndoFrance).

Ces petits foyers réagissent aux hormones du cycle, comme l’endomètre. Le muscle s’épaissit et l’utérus peut grossir : sa taille est parfois multipliée par deux ou trois (Manuel MSD).

Ce qui change dans la paroi de l’utérus

Schéma d’un utérus en coupe : dans la vue avec adénomyose, la paroi musculaire est plus épaisse et contient de petits foyers d’endomètre. Muscle (myomètre) Muqueuse (endomètre)

Vue habituelle : la muqueuse (en terracotta clair) reste à l’intérieur, contre la cavité. Le muscle qui l’entoure est régulier.

Deux points rassurants, d’emblée. L’adénomyose est un trouble gynécologique bénin, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’un cancer (CMAJ, 2021). Et beaucoup de femmes qui en ont n’en souffrent pas : jusqu’à 30 % n’ont aucun symptôme selon cette revue, environ 35 sur 100 selon l’hôpital universitaire de Londres (UCLH).

Bénin ne veut pas dire anodin pour autant. Certaines formes peuvent être « extrêmement douloureuses et invalidantes au quotidien », rappelle EndoFrance (Santé.fr). Votre gêne mérite d’être entendue.

Les signes, chiffres à l’appui

On estime que l’adénomyose peut toucher jusqu’à 20 à 30 % des femmes, même si les chiffres varient selon les études (Santé.fr). Quand elle se manifeste, trois signes reviennent le plus souvent.

Chez les femmes atteintes d’adénomyose, ces signes concernent…

Règles très abondantes et longues, plus de 7 jours50 %
Douleurs liées au cycle30 %
Saignements en dehors des règles20 %

Source : Santé.fr, avec EndoFrance. Une même femme peut avoir plusieurs de ces signes, ou aucun.

D’autres signes sont possibles : des douleurs vagues dans le bas du ventre, une sensation de pression sur la vessie ou le rectum, des rapports sexuels douloureux (Manuel MSD). Et quand les saignements sont importants, ils peuvent entraîner une anémie, c’est-à-dire un manque de globules rouges, qui fatigue beaucoup (Manuel MSD).

Ces signes ne sont pas propres à l’adénomyose. Des fibromes, des polypes ou d’autres causes peuvent donner les mêmes ; c’est justement pour faire la différence que l’avis médical compte (CMAJ, 2021).

Pourquoi on la confond avec la préménopause

L’adénomyose se manifeste surtout chez les femmes de 40 et 50 ans (Mayo Clinic). Deux études citées par la revue Gynécologie Pratique situent le pic de fréquence entre 40 et 45 ans aux États-Unis, et vers 45 ans en Chine (Gynécologie Pratique). C’est exactement l’âge de la préménopause, où les cycles changent eux aussi.

L’adénomyose au fil des âges

  1. Avant 40 ansElle existe aussi : on l’observe à l’imagerie chez 30 % des femmes de moins de 40 ans (CMAJ).
  2. 40 – 45 ansPic de fréquence observé, en pleine préménopause (Gynécologie Pratique).
  3. Vers 51 ansÂge moyen de la ménopause en France, d’après le ministère de la Santé.
  4. Après la ménopauseLes symptômes disparaissent ou s’atténuent généralement (Manuel MSD). Des cas sont encore observés entre 56 et 60 ans (Gynécologie Pratique).

Pendant la préménopause, des règles plus irrégulières sont fréquentes. Mais une revue médicale de 2025 sur la périménopause conseille de consulter, après 40 ans, si les saignements deviennent plus fréquents ou plus abondants (CMAJ, 2025). Autrement dit : « c’est l’âge » ne suffit pas comme explication si vos règles vous épuisent.

Une bonne nouvelle à garder en tête

Comme l’adénomyose dépend des hormones du cycle, ses symptômes se résorbent après la ménopause, et la revue du CMAJ précise qu’aucun traitement n’est nécessaire pour les femmes ménopausées sans symptômes (CMAJ, 2021). En revanche, tout saignement qui survient après la ménopause doit être signalé à un médecin (Guide sur la santé menstruelle, Canada.ca).

Comment le médecin pose le diagnostic

Il n’existe pas de test à faire chez soi. Le médecin, la sage-femme ou le gynécologue commence par vous écouter et vous examiner. L’examen de référence est ensuite l’échographie, de préférence par voie endovaginale, réalisée idéalement dans la deuxième partie du cycle ; l’IRM vient en second, par exemple si une endométriose est suspectée (Santé.fr).

Selon la revue du CMAJ, l’échographie endovaginale repère l’adénomyose avec une sensibilité de 83,8 % et une spécificité de 63,9 % (CMAJ, 2021). Elle permet aussi d’écarter d’autres causes, comme des polypes ou des fibromes.

S’il s’agit bien d’une adénomyose, plusieurs solutions existent, médicamenteuses ou non, et elles dépendent de vos symptômes, de votre âge et de vos projets. Seules les femmes qui ont des symptômes ont besoin d’un traitement (Santé.fr). Ce choix se fait avec votre médecin ; nous ne le commentons pas ici.

Ce qui peut vous aider au quotidien

Ces gestes ne font pas disparaître l’adénomyose. Ce sont des conseils reconnus par les autorités de santé pour mieux vivre les règles douloureuses en général, en complément du suivi médical.

1
La chaleur

Une bouillotte sur le bas-ventre peut être envisagée, indique l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Un bain chaud aide aussi à détendre le bas-ventre (Vidal). Évitez de dormir avec, pour ne pas vous brûler.

2
Le sommeil et le repos

Un bon sommeil peut aider à prévenir les douleurs de règles (ANSM). Les jours les plus difficiles, autorisez-vous à lever le pied : Vidal conseille suffisamment de repos avant et pendant les règles (Vidal).

3
Bouger, doucement

Une activité physique régulière fait partie des mesures qui peuvent aider (ANSM). Marche, étirements, sport doux : c’est souvent suffisant (Vidal). Si un effort augmente vos douleurs, arrêtez-vous.

4
Une alimentation variée

L’ANSM la cite parmi les mesures utiles (ANSM). Si vous perdez beaucoup de sang, demandez à votre médecin s’il est utile de vérifier votre taux de fer par une prise de sang : c’est à lui de décider d’un éventuel apport en fer.

5
Une information sur l’aspirine

Vidal rappelle que l’aspirine est susceptible d’augmenter les saignements pendant les règles (Vidal). Pour savoir quel antidouleur vous convient, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

6
Noter, pour être mieux entendue

Pendant deux ou trois cycles, notez la durée des règles, le nombre de protections par jour, la présence de caillots, votre douleur de 0 à 10 et ce qu’elle vous empêche de faire. Ces repères concrets aident le médecin à mesurer ce que vous vivez.

Préparer votre consultation

Il n’est pas toujours facile de parler de ses règles, ni de trouver les mots en quelques minutes de rendez-vous. Cochez ce qui vous concerne : la liste se construit au fur et à mesure, et vous pouvez la copier pour la montrer ou la lire au médecin. Ce n’est pas un test : elle ne dit pas si vous avez une adénomyose, elle vous aide seulement à décrire ce que vous vivez.

Ma liste pour le rendez-vous

Cochez une ou plusieurs lignes pour composer votre liste.

    Questions que vous pouvez poser : Est-ce que mes règles sont trop abondantes ? Faut-il faire une échographie ? Une prise de sang pour vérifier mon fer serait-elle utile ? Quelles solutions existent pour moi ?

    Vous pouvez en parler à votre médecin traitant, à une sage-femme ou à un gynécologue. L’ANSM le dit simplement : « N’hésitez pas à parler de vos douleurs de règles à votre médecin ou votre sage-femme. » (ANSM) Si vous avez le sentiment de ne pas être entendue, vous avez le droit de demander un autre avis.

    Quand consulter sans attendre

    Certains signes demandent un avis médical rapide :

    En cas de saignement très important ou de malaise, appelez le 15.

    Vrai ou faux

    Touchez chaque carte pour découvrir la réponse.

    Vous n’êtes pas seule

    Vivre avec des règles difficiles pèse aussi sur le moral, le travail, la vie de couple. En parler aide : à vos proches, à votre médecin, et si vous le souhaitez à d’autres femmes qui vivent la même chose. L’association EndoFrance informe et accompagne les personnes touchées par l’endométriose et l’adénomyose. Le site public Santé.fr propose aussi un espace dédié.

    Et si vous traversez en même temps la préménopause, notre article Préménopause et ménopause : comprendre les signes et ce qui aide vous aidera à faire la part des choses.

    Ces conseils relèvent du bien-être et ne remplacent pas un avis médical. Seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic et proposer un traitement adapté.

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