Une bouffée de chaleur en pleine réunion, le visage qui rougit devant toute l’équipe. Un mot qui ne vient pas au moment de présenter un dossier. Une nuit hachée, puis une journée entière à lutter contre la fatigue. Beaucoup de femmes vivent ces moments au travail, souvent en silence.
Pourtant, le sujet est loin d’être marginal : une femme sur deux en France considère que la ménopause a des conséquences sur sa vie professionnelle, selon le dossier de presse du Ministère de la Santé. Voici comment en parler, si vous le souhaitez, et comment vous organiser pour traverser cette période plus sereinement.
Ces conseils relèvent du bien-être et ne remplacent pas un avis médical. Pour vos symptômes, parlez-en à votre médecin, à votre gynécologue ou à votre sage-femme. Pour votre poste de travail, le médecin du travail est votre interlocuteur.
Ce que disent les chiffres
D’après le rapport « La ménopause en France » remis au Gouvernement en avril 2025, parmi les femmes qui estiment que la ménopause a des effets négatifs sur leur travail, 16 % ont noté une baisse de productivité, 21 % ont dû prendre des arrêts maladie et 10 % ont ressenti un frein dans leurs ambitions professionnelles.
Une étude OpinionWay pour Astellas publiée en 2025, menée auprès de 1 006 femmes ménopausées, montre aussi que le silence domine : 87 % ont ressenti au moins une gêne au travail à cause de leurs symptômes, 25 % les ont cachés par peur d’être discriminées, et 53 % n’en parlent à personne dans leur entreprise.
Si vous vous reconnaissez, vous n’êtes donc pas seule, et vos difficultés ne disent rien de vos compétences.
En parler ou non : c’est vous qui choisissez
Vous n’avez aucune obligation de parler de votre santé à votre employeur. Vous pouvez choisir de ne rien dire, d’en parler à une collègue de confiance, à votre manager, aux ressources humaines ou au médecin du travail. Ce qui compte, c’est que vous puissiez obtenir ce dont vous avez besoin pour bien travailler.
Si vous décidez d’en parler, quelques repères aident à rendre la conversation simple :
- Choisissez le moment : un rendez-vous court, au calme, plutôt qu’une remarque entre deux portes.
- Parlez de solutions, pas seulement de symptômes : votre manager n’a pas besoin de détails médicaux, mais de savoir ce qui vous aiderait.
- Préparez une ou deux demandes concrètes : un bureau près d’une fenêtre, un ventilateur, des réunions importantes décalées en fin de matinée.
- Gardez une trace écrite : un court e-mail après l’échange permet de garder en mémoire ce qui a été convenu.
« Je traverse une période de changements hormonaux. Une place près de la fenêtre et la possibilité de couper ma caméra en visio m’aideraient beaucoup. »
« Certaines nuits sont courtes en ce moment. Est-ce qu’on peut placer nos réunions importantes plutôt en fin de matinée ? »
« J’ai parfois besoin de quelques minutes pour me rafraîchir. Je reviens tout de suite, rien de grave. »
Les aménagements qui aident le plus
Les guides de santé au travail, comme celui du Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail et celui du gouvernement britannique, citent des aménagements souvent simples et peu coûteux :
- La température : un ventilateur de bureau, un poste près d’une fenêtre, un peu de contrôle sur la ventilation.
- L’eau et les pauses : un accès facile à de l’eau fraîche et aux toilettes, des pauses courtes quand c’est nécessaire, un espace calme pour souffler quelques minutes.
- Les horaires : des horaires plus souples, ou du télétravail quand le poste le permet, surtout après une mauvaise nuit.
- La tenue : si un uniforme est imposé, des vêtements en matières respirantes, ou la possibilité de se changer.
- La charge de travail : en discuter pour l’ajuster pendant une période difficile.
Le rôle du médecin du travail
Le médecin du travail est un allié souvent oublié. Selon le Ministère du Travail, vous pouvez demander à le rencontrer à tout moment, en dehors des visites prévues. Le médecin du travail est tenu au secret médical : il ne transmet pas vos informations de santé à votre employeur.
Après échange avec vous et votre employeur, il peut proposer par écrit des aménagements de votre poste ou de votre temps de travail, justifiés notamment par votre âge ou votre état de santé, d’après l’article L4624-3 du Code du travail.
Il existe aussi un moment prévu pour en parler : la visite médicale de mi-carrière, organisée l’année de vos 45 ans (ou à l’âge fixé par votre branche professionnelle). Elle sert à vérifier que votre poste reste adapté à votre état de santé, et le médecin du travail peut y proposer un aménagement de vos horaires ou de votre poste, précise Service-Public.fr. Le Gouvernement a d’ailleurs annoncé vouloir intégrer la ménopause à cette visite.
Ce que vous pouvez faire de votre côté
Les approches inspirées de la thérapie cognitive et comportementale (TCC) ont été testées directement au travail. Dans l’essai MENOS@Work, mené au Royaume-Uni auprès de femmes salariées, un simple livret à suivre en autonomie, inspiré de la TCC, a réduit la gêne causée par les bouffées de chaleur à 6 et à 20 semaines, et diminué le présentéisme, c’est-à-dire le fait de travailler en se sentant gênée, à 20 semaines.
Au quotidien, trois gestes simples peuvent vous aider :
- Préparez votre « kit fraîcheur » : une bouteille d’eau fraîche, un petit ventilateur, une tenue en couches faciles à retirer. Santé.fr conseille d’ailleurs plusieurs couches de vêtements en matières respirantes.
- Notez vos tâches importantes : en cas de fatigue ou de trous de mémoire, une liste écrite soulage la tête et évite la peur d’oublier.
- Planifiez selon votre énergie : gardez les tâches qui demandent le plus de concentration pour les moments où vous êtes le plus en forme.
Si vos nuits sont courtes, lisez aussi nos articles sur les bouffées de chaleur la nuit et les réveils à 3 heures du matin.
Quand en parler à un médecin ?
Si vos symptômes vous empêchent de travailler normalement, si vous enchaînez les arrêts maladie ou si votre moral est très bas, n’attendez pas. Parlez-en à votre médecin traitant, à votre gynécologue ou à votre sage-femme : il existe des solutions dont l’efficacité est démontrée, rappelle Santé.fr. Le choix se fait toujours avec un professionnel de santé.
Être accompagnée, à votre rythme
Ménopause sereine vous accompagne pendant 8 semaines, 15 à 20 minutes par jour. La semaine 8 est consacrée à l’humeur, à la confiance et au travail, avec des phrases prêtes pour en parler à votre manager et à vos proches. Le module 1 est offert, sans inscription. Accompagnement bien-être, qui ne remplace pas un suivi médical.
Découvrir Ménopause sereineSources
- Ministère de la Santé, « La ménopause en France », dossier de presse, 2025 — sante.gouv.fr
- Rapport « La ménopause en France : 25 propositions pour agir », remis au Gouvernement en avril 2025 — sante.gouv.fr
- Ministère de la Santé, communiqué « Le Gouvernement salue la qualité du rapport de Stéphanie Rist » — sante.gouv.fr
- OpinionWay pour Astellas, « La ménopause au travail », 2025 — opinion-way.com
- Ministère du Travail, « Les visites médicales et examens médicaux dans le cadre du travail » — travail-emploi.gouv.fr
- Code du travail, article L4624-3 — code.travail.gouv.fr
- Service-Public.fr, « Qu’est-ce que la visite médicale de mi-carrière pour un salarié ? » — service-public.gouv.fr
- Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail, « La ménopause en milieu de travail » — cchst.ca
- Gouvernement britannique, « Offer workplace adjustments for employees experiencing menopause » — gov.uk
- Hardy C. et al., essai MENOS@Work, version acceptée de l’article — eprints.lancs.ac.uk
- Santé.fr, « Vivre au mieux la ménopause » — sante.fr
